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TV5- Syrie, les derniers remparts du patrimoine: Dimanche 22 octobre 2017 à 09.25

Conséquence de plusieurs années de conflit dans la région, le patrimoine culturel du Moyen-Orient est menacé de disparition. Pourquoi a-t-il été pris en otage et sacrifié par Daech et les autres belligérants ? Ce documentaire part à la rencontre de ceux qui s’engagent pour sauver ces trésors de l’humanité.
« Ces pierres, ces monuments représentent à mes yeux l’essentiel de notre existence sur terre. Nos ancêtres nous ont laissé en héritage cette grande civilisation que nous nous devons de protéger. » Omar Islam n’a pas pu assister à la disparition des splendeurs d’Alep sans rien faire. « Quand j’ai vu la mosquée des Omeyyades sous le feu, quand j’ai vu le lieu de prière pour les femmes brûler, quand j’ai vu le sanctuaire de Zacharie essuyant les tirs de l’armée, […] quand j’ai vu le mihrab de Saladin endommagé, j’ai eu l’impression de perdre une partie de moi-même. C’était mon identité qui s’en allait avec. » En 2013, malgré les snipers et face à l’impossibilité d’utiliser un véhicule pour transporter les pierres, ce jeune archéologue et ses camarades ont bâti un mur afin de protéger le mihrab du XIIIe siècle. Le « gardien des trésors d’Alep » fait partie de ces anonymes qui ont risqué leur vie pour sauver leur patrimoine de la destruction.

Les activistes du patrimoine

Exilé à Strasbourg, un archéologue syrien, Cheikhmous Ali, a créé en 2011 l’Association pour la protection de l’archéologie syrienne (Apsa), un réseau composé de citoyens qui filment et documentent les preuves des dommages causés aux sites antiques. En 2014, voyant Daech envahir la ville irakienne de Mossoul, le père Najeeb fuit au Kurdistan irakien exfiltrant des centaines de manuscrits anciens provenant de la bibliothèque du couvent dominicain. À Erbil, il héberge des réfugiés chrétiens et yézidis, une communauté monothéiste persécutée de longue date, et forme certains d’entre eux à sauvegarder ce trésor inestimable grâce à deux studios de numérisation.

Tous sont en colère et remettent en cause l’immobilisme de la communauté internationale et surtout celui de l’Unesco, pourtant en charge de protéger le patrimoine de l’humanité. « Dès le début de la guerre, les armées, quelles qu’elles soient, ont investi les sites stratégiques : les citadelles d’Alep, de Palmyre et de Bosra, le Krak des Chevaliers…, explique Annie Sartre, historienne spécialiste de Palmyre. C’est vraiment en contradiction totale avec les conventions qui avaient été signées par les pays, dont la Syrie, avec l’Unesco. Il n’y a aucun respect de cela. » Car aux destructions des djihadistes s’ajoutent celles, considérables, commises par le régime de Bachar el-Assad.

L’identité d’un peuple en péril

Depuis 2011, les explosions et les bombardements ont visé délibérément bon nombre de sites. « L’Unesco, qui s’est honoré d’être la première organisation de l’ONU à admettre la Palestine, s’honorerait encore plus à être la première institution de l’ONU à en expulser le régime Assad », note Jean-Pierre Filiu, historien du Moyen-Orient. En détruisant les richesses de cette région, considérée comme le berceau de notre civilisation, Bachar el-Assad efface aussi l’identité du peuple syrien. « Il n’y a plus de Palmyriens à Palmyre, ils sont dispersés un peu partout, oubliés. Comme un grand nombre de Syriens, déplacés dans le pays ou à l’étranger. Il ne reste que les pierres, seules, en plein désert, qui pleurent les habitants de Palmyre », déplore Mohamad Taha, archéologue originaire de la cité antique et réfugié en France. Au malheur des pierres répond le courage des hommes. Car ces « derniers remparts » contre l’oubli sont déjà tous prêts à reconstruire les splendeurs perdues.

http://www.francetvpro.fr/france-5/programmes/8962352

 

 

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