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Hama: illicit diggings at Apamea

 

Les deux vidéos filmées par M. Thabet Ismael montrent que le site est victime de fouilles clandestines massives confirmées par des fosses que nous pouvons classer en deux catégories :
fosses à dimensions et profondeurs superficielles
des fosses ayant de grandes profondeurs.
La vidéo numéro 2 montre : le checkpoint de l’armée officielle, des digues de terre et installation des armements lourds dans la zone archéologique

Vidéo 1

Ci-dessous, un article écrit par l’équipe d’APSA, publié dans la revue al-Grbal et traduit de l’Arabe en français par Rania ALI.
Le site d’Apamée a été fondé en 301 av. J. C., à l’époque de Séleucos Ier Nicator, qui a gouverné l’Est après la mort d’Alexandre le Grand. Il est devenu la deuxième ville la plus importante de l’empire séleucide après la ville d’Antakya (Antioche). Celle-ci présente le type habituel d’urbanisme colonial qui se caractérise par un plan régulier à damier, avec des îlots rectangulaires et des rues rectilignes, à l’intérieur d’une immense enceinte de près de 7 km de circonférence. Ses ruines sont encore visibles à l’œil nu. Le roi Séleucos Ier Nicator fonda cette ville en lui donnant le nom d’Apamée en l’honneur de sa première épouse perse Apama. Elle devient la capitale militaire de l’empire séleucide, les sources historiques mentionnent l’importance capitale de cette ville. Elle abritait non seulement l’armée séleucide avec les haras royaux et les chevaux de la cavalerie, mais aussi les 500 éléphants qui sont l’élément le plus spectaculaire de cette armée durant les expéditions militaires.

Vidéo: 2

Au cours de la révolution contre le régime de Bachar al-Assad, ce site archéologique a été exposé au vandalisme, à la destruction et aux pillages. Les dommages n’ont pas été seulement causés par la présence de chars, le creusement de tranchées et la transformation de la zone en campement militaire ; des pilleurs y ont aussi creusés des fosses de plus de deux mètres de profondeur qui leur on permis d’exhumer toutes sortes de vestiges archéologiques. Ces fosses sont si nombreuses qu’elle couvrent une surface supérieure à celle des fouilles archéologiques effectuées par la mission belge depuis les années 1930. Avec le déclenchement des manifestations dans toutes villes syriennes, le contrôle des autorités syriennes s’est relâché, car la tâche principale de ces dernières s’est axée sur l’interdiction des manifestations, la poursuite et l’arrestation des manifestants. Selon l’article de Moussab al-Hammadi, militant de presse, le chef d’un détachement de la sécurité militaire a encouragé les manifestants à quitter les manifestations et à aller piller le site d’Apamée, en leur disant : « Qu’est-ce que ça va vous rapporter de manifester comme ça ?… Allez-y, les trésors antiques sont à votre portée, fouillez et rapportez tout ce que vous pouvez trouver et vendez-le ! C’est plus rentable que de manifester… »
À la suite de ces propos, une grande partie des pilleurs ont commencé leurs fouilles clandestines sous les yeux et avec l’accord de l’armée syrienne. Cette armée est restée passive et ne s’est pas préoccupée des actes de pillage et de vandalisme et des destructions. De plus, l’armée syrienne a transformé à son tour ce site en campement militaire ; elle y a installé des chars et des canons qui ont servi à bombarder la citadelle d’al-Mudiq. Ce bombardement a eu lieu durant le mois de mars et d’avril 2012 et a duré trois semaines. À la suite de l’accord entre le chef de la sécurité militaire et les pilleurs, un grand nombre de soldats, de chars et de canons ont continué à occuper le site archéologique. Par ce geste, l’armée n’avait pas l’intention de protéger le site contre le pillage, mais plutôt de prélever sa quote-part (en confisquant les motos des pilleurs, par exemple). Cette entente entre pilleurs et autorité syrienne, qui semble tenir jusqu’à maintenant, a eu des conséquences désastreuses en endommageant la structure du site archéologique. Elle l’a exposé aux terribles ravages des pilleurs qui s’affairent sur le site nuit et jour. Les photos aériennes prises pendant le mois d’avril 2013 montrent clairement des secteurs fouillés clandestinement. Sur la base de ces images, plus de cinq mille fosses peuvent être dénombrées. Ce pillage a conduit à une importante destruction des couches archéologiques. Au vol d’antiquité s’ajoutent des actes de contrebande en direction de pays voisins, en particulier vers le Liban. À cet égard, il convient de rappeler que les autorités libanaises ont confisqué 18 panneaux de mosaïque. Elles soupçonnent fortement des pilleurs de les avoir volés dans la ville d’Apamée, puis de les avoir transférés au Liban afin de les vendre. L’Interpol, de son côté, a publié des photos d’un certain nombre de panneaux de mosaïque volés à Apamée, photos qu’il a transmises aux institutions concernées pour lancer un avis de recherche à leur encontre et interdire leur vente. En plus des actes de vandalisme et de pillage qui ont touché le site d’Apamée, citons les vols et les dégradations dont a été victime son musée, situé en contrebas au sud de la citadelle d’al-Mudiq et daté de l’époque ottomane.
Les autorités ont déclaré le vol d’une statue en marbre provenant de ce musée, qui ne dispose pas d’un dispositif de protection des plus appropriées. Ce musée est étrangement privé de caméras de surveillance ou d’alarmes. Les portes sont verrouillées grâce à des cadenas ou des serrures primitives qu’on peut facilement faire sauter. À notre avis, ces serrures sont valables pour sécuriser une épicerie ou un petit magasin, pas du tout pour sécuriser un musée. Cette sorte de serrures a énormément facilité la tâche des voleurs d’antiquités. Par conséquent, s’il n’est pas envisagé de remplacer les portes actuelles par des portes renforcées en métal et si le système primitif de sécurité actuel est maintenu en l’état, voleurs et pilleurs auront toute latitude pour dépouiller le musée de ses biens.
Dans les circonstances actuelles, nous ne pouvons pas faire grand-chose pour protéger le site archéologique. D’abord, ce site est sous le contrôle de l’armée régulière, qui participe au pillage et à la dégradation du site. Tout cela se passe sous les yeux des responsables des organisations internationales concernées par la protection du patrimoine et des monuments, tels que l’UNESCO, qui a adopté le silence au lieu d’agir concrètement. L’UNESCO n’est pas avare de discours, mais n’a proposé, en fait, aucune mesure de protection qui aient un impact réel sur le terrain. Or, en temps de guerre et conformément aux accords internationaux sur la protection du patrimoine, chacun sait que cette protection est de la responsabilité des forces armées qui occupent les lieux.
À l’inverse, celles-ci s’ingénient à vandaliser le site après l’avoir transformé en campement militaire. Elles sont qui plus est complices de la destruction de cet héritage patrimonial, une destruction qui se déroule sous leurs yeux et avec leur accord. Cette armée viole et détruit ce site en méprisant toutes les dispositions des accords internationaux, comme la Convention de La Haye 1954 ou la Convention de Paris de 1972 qui prévoit la protection du patrimoine humain. À l’heure actuelle, le but primordial de l’armée régulière syrienne et de ses dirigeants est de continuer à bombarder les villes révoltées et de commettre des massacres contre les Syriens qui se sont levés pour revendiquer leurs droits.

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